Il est devenu de plus en plus évident, au printemps, que la Grèce était incapable de faire face seule à l’échéance de sa dette. C’est une dangereuse combinaison de cir¬constances telles que l’hésitationdu gouvernement grec à prendre les mesures nécessaires et l’accroissement du déficit budgétaire, qui a provoqué une chute de la confiance mondiale dans l’économie grecque et diminué la capacité du pays à faire face au remboursement de sa dette.
A première vue, la crise économique grecque n’aurait pas dû avoir d’impact majeur sur la santé économique de l’ensemble de l’Union européenne puisque l’économie grecque ne représente que 3% du PIB global de l’UE. Cependant, la crainte que la crise ne se propage à d’autres pays est rapidement devenue un sujet d’inquiétude car une telle évolution pourrait compromettre une sortie progressive de la récession. Le marché a commencé à craindre que les crises des finances publiques ne touchent d’autres pays tels que le Portugal et l’Espagne et mettent ainsi en danger l’ensemble de l’Union moné¬taire européenne. Cette menace elle-même a forcé les chefs d’Etat, et notamment la chancelière allemande, Angela Merkel, a intervenir rapidement pour renforcer la confiance dans l’Union européenne.
L’empressement à aider le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne a, sans aucun doute, été favorisé par le fait que l’Union européenne incarne un projet politique empreint d’un certain prestige. Les leaders européens étaient donc disposés à tout mettre en oeuvre pour maintenir la confiance dans l’union monétaire. Un programme de sauvetage historique a été mis en place.
Aucun avantage sans contrepartie
Le programme de sauvetage de 750 milliards EUR a été assorti de l’obligation de resserrer les budgets des Etats. Une partie du programme sera consacrée à l’achat d’obligations d’Etat des pays confrontés à des problèmes économiques. Le FMI et l’UE exigent cependant que les pays bénéficiaires du programme manifestent leur volonté de procéder aux changements structurels nécessaires. Les pays seront suivis de près sur une période de 18 à 24 mois, après avoir reçu des liquidités du FMI et de l’UE.
Mais la situation économique européenne est-elle aussi grave qu’il n’y paraît ?
Les facteurs sous-jacents des crises économiques sont l’accroissement du fardeau de la dette, des déficits bud-gétaires et une prévision de croissance économique faible.
Les économies européennes fortes, notamment l’Allemagne, ont également vu leur dette s’accroître durant le ralentissement économique de 2007 à 2009. Lorsque l’on compare les données macroéconomiques et la réalité de la situation économique aux Etats-Unis, la situation des pays d’Europe du Sud ne semble pas pire que celle du reste du monde développé.
Que la situation des pays européens soit meilleure ou pire que celle des Etats-Unis ne règle cependant pas le fardeau de la dette en Europe. L’Europe doit rétablir l’équilibre entre les dépenses publiques et ses recettes.
Le désendettement favorise les investisseurs en obligations d’entreprises
Nous estimons cependant que la lenteur de la reprise économique aura un impact positif sur les stratégies d’exploitation des sociétés. Nous nous attendons à ce qu’une croissance plus faible incite les directions des sociétés à se focaliser sur la réduction de leur dette et l’optimisation de leurs installations de production, au lieu de mettre en oeuvre des stratégies de croissance audacieuses.
Ces stratégies prudentes profiteront aux investisseurs en obligations d’entreprises puisque l’accent mis sur l’amélioration de la rentabilité aura pour effet de réduire le risque de crédit, ce qui renforce notre anticipation de contraction supplémentaire des spreads de crédit.
Dans notre Lettre trimestrielle sur les obligations “value”, vous pourrez en lire plus sur combien la situation économique actuelle favorise les investisseurs en obligations “value”.